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La crise du communiquant public au Maroc : une urgence de professionnalisation

Au Maroc, la communication publique est actuellement en crise. Les raisons sont multiples, mais le manque de professionnalisation, de formation à la gestion de crise et de profil adéquat pour communiquer en sont les principales causes. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le contexte économique actuel, marqué par une inflation et une flambée des prix, nécessite une communication publique efficace pour informer les citoyens et les rassurer.

Le manque de professionnalisation est un véritable fléau pour la communication publique au Maroc. Les postes de communicants sont souvent attribués selon des critères politiques plutôt que sur des compétences avérées en communication. Les communicants sont souvent nommés à des postes clés sans avoir reçu de formation adéquate, ce qui entraîne des erreurs et des maladresses dans leur communication. Cette situation a des conséquences négatives sur la crédibilité des institutions et sur la confiance des citoyens envers leur gouvernement.

De plus, la gestion de crise est souvent un point faible dans la communication publique au Maroc. Les communicants sont souvent démunis face aux crises et ne savent pas comment réagir ou communiquer efficacement. En l’absence de formation adéquate, ils se retrouvent à improviser et à prendre des décisions qui peuvent être préjudiciables à l’image de l’institution qu’ils représentent.

Enfin, le profil adéquat pour communiquer est souvent absent dans la communication publique au Maroc. Les communicants doivent être des professionnels de la communication, formés aux techniques de communication modernes et capables de communiquer avec tous les publics. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas au Maroc, où les postes de communicants sont souvent attribués à des personnes qui n’ont pas les compétences nécessaires pour exercer ces fonctions.

Dans le contexte économique actuel, marqué par une inflation et une flambée des prix, la communication publique est plus importante que jamais. Les citoyens ont besoin d’être informés et rassurés sur les mesures prises par leur gouvernement pour faire face à cette situation difficile. Cependant, si la communication publique n’est pas professionnalisée, elle risque de perdre en crédibilité et de ne pas remplir son rôle d’information et de rassurance.

Il est donc urgent que le gouvernement marocain prenne des mesures pour professionnaliser la communication publique, former les communicants à la gestion de crise et recruter des profils adéquats pour communiquer. Cette professionnalisation passe par la mise en place de formations spécifiques, la création d’un cadre réglementaire pour l’exercice de la profession de communicant public, ainsi que par le recrutement de professionnels de la communication compétents et expérimentés.

En somme, la crise du communiquant public au Maroc est un sujet complexe qui nécessite une approche pluridisciplinaire et des actions concrètes pour remédier aux problèmes identifiés. Le manque de professionnalisation, le manque de formation à la gestion de crise et le manque de profil adéquat pour communiquer sont autant de défis à relever. Dans ce contexte difficile, il est important de rappeler que le pouvoir n’est pas une fin en soi, mais un service qui doit être rendu au citoyen. En s’engageant à améliorer la communication publique, les décideurs marocains peuvent contribuer à renforcer la confiance des citoyens dans les institutions, favoriser la participation citoyenne et améliorer la qualité de vie des Marocains.
Rachid AMADANE
Journaliste, Chercheur en communication
Rachid.amadane@outlook.fr

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