Chroniques

Une femme enceinte transportée (vivante) dans un cercueil à l’hôpital

Drôle de situation pour perdre les eaux… Cela s’est passé dans la province de Taounate. L’enfant arrivait, on devait transporter la femme à l’hôpital, pas d’ambulance possible, comment faire ? Eurêka ! Euh… Eurêka quoi ? Un cercueil fera l’affaire, pardi ! Va donc pour le cercueil !

 

Et c’est sur pas moins de 4 kilomètres, qu’un homme avec l’assistance de ses voisins, a du porter sa femme sur le point d’accoucher, du douar de Meziara, à l’hôpital de Ghafsai. Quatre kilomètres… Dans les films on voit des femmes supportant mal d’attendre plus de 15 min en chemin vers l’hôpital, là c’est quatre kilomètres.

Et ce n’est pas tout. Il n’y a même pas de route. C’est d’ailleurs pour ça que le choix a porté sur le cercueil plutôt qu’un moyen de transport mécanique. On ne pouvait que la porter. Oui ! Le problème c’est l’enclavement du lieu d’habitat. Entre le cercueil et la chaise, le choix a dû porter sur ce dernier…

Après l’heureux et fatiguant événement, la femme est rentrée chez elle à pied, à en croire le média Bladi.net : « La suite n’a pas été de tout repos pour la jeune femme, confie son époux qui a accusé les autorités locales de n’avoir rien fait pour lui porter assistance, d’autant plus qu’elle a été contrainte de revenir à pied chez elle ».

Vraiment, quelle étrange histoire !

Moi, cette histoire me rappelle les Marocains bloqués ailleurs, à l’extérieur du Maroc, en pleine pandémie. « Abandonnés » par le Gouvernement. C’est ainsi que ces derniers, ou plutôt ceux bloqués en France, se sont décrits, dans une lettre qu’ils ont fait parvenir à l’Ambassade du Maroc en France ainsi qu’à des médias. Un peu comme l’heureux fatigué papa qui accusait les autorités de n’avoir rien fait pour lui porter assistance.

Mais eux, ils ne sont pas vraiment enclavés. Il faut juste des avions, non ?! De la diplomatie, des avions, des protections individuelles pour le voyage, et des tests à l’atterrissage ainsi qu’un suivi sérieux. Où est le souci ? Notre diplomatie n’arrive-t-elle réellement pas à obtenir ce genre de choses ? Et si c’est plutôt une question d’argent, faîtes leur payer le voyage ! C’est préférable à les laisser là-bas. Organisez une collecte. Il y a plein de solutions ! Expliquez-nous ce qu’il en est, à la fin !

«Le gouvernement a fait une distinction entre citoyens marocains au Maroc et citoyens marocains à l’étranger», affirment les signataires de cette lettre, entre autres, allant même jusqu’à accuser le Gouvernement de «mise en danger de la vie des citoyens sans raison apparente», écrivent-ils. Touché ?

Ils affirment également que les états de santé et les conditions psychologiques de beaucoup d’entre eux se sont notablement détériorés. Surtout avec Ramadan, loin de chez eux… M’enfin ! Ramenez ces gens chez eux ! Nous sommes un pays tout de même, pas un gang de lycéens fauchés et marginalisés. Ou alors…?

Et n’oublions pas que, pour la plupart, ils sont bloqués dans des pays où la vie est beaucoup plus chère qu’au Maroc. Vous les prenez tous pour Crésus ? S’ils pouvaient revenir par eux-mêmes, ils l’auraient sans doute fait ! Croyez-le bien… Comme l’heureux fatigué papa ! Mais une impossibilité est une impossibilité… Euh… Doivent-ils supplier?

Ils sont 22.000 à être encore à l’extérieur du Royaume, et ils sont également une priorité ! Préparez donc, s’il vous plaît, ce « plan clair » qu’ils demandent, tout en cessant de tergiverser, ce serait gentil. 22.000 ? Vous imaginez ? Une petite ville laissée à l’abandon… à la dérive… 22.000… Et toujours pas de plan clair…

Tiens ! L’histoire du cercueil me rappelle également autre chose. Très récemment encore, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a demandé aux élus de serrer la vis car les recettes des communes ont baissé.  Euh… Elle n’était pas serrée avant ?!

Malédiction!

 

Nouamane Rimeh

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page