Chroniques

Flambée des prix de la tomate au Maroc : Zakaria Hanich explique les raisons et annonce une reprise de la production

Dans un contexte marqué par la hausse persistante des prix de la tomate sur les marchés marocains, les interrogations des consommateurs se multiplient quant aux raisons de cette situation et aux perspectives d’un retour à des niveaux de prix plus accessibles. À ce sujet, Zakaria Hanich, président de la Fédération nationale interprofessionnelle des légumes et primeurs au Maroc, apporte des éclairages sur les principaux facteurs à l’origine de cette hausse. Selon lui, la situation actuelle s’explique principalement par le recul de la production en début de campagne agricole, l’augmentation des coûts de production, de transport et de logistique, ainsi que par des conditions climatiques défavorables ayant affecté plusieurs bassins agricoles, notamment la région de Souss Massa.

Le responsable professionnel souligne qu’il convient de distinguer le prix payé par le consommateur de celui perçu par le producteur.

À cet égard, il indique que la tomate ronde importée est actuellement proposée à plus de 15 dirhams le kilogramme dans certains points de vente au détail, alors que le prix moyen de vente au niveau des producteurs avoisine les 6 dirhams le kilogramme. Un écart qui, selon lui, ne s’explique pas uniquement par les prix pratiqués à la production, mais également par l’organisation des circuits de commercialisation et la multiplication des intermédiaires, entraînant une augmentation sensible du prix entre l’exploitation agricole et le consommateur final.

À ces facteurs s’ajoute la hausse significative des charges supportées par les producteurs, notamment celles liées à la production, au transport et à la logistique.

Zakaria Hanich évoque, dans ce sens, l’augmentation des prix de l’énergie et des intrants agricoles, ainsi que les tensions liées à la crise du détroit d’Ormuz et leurs répercussions sur les coûts énergétiques et les chaînes d’approvisionnement.

Il précise que les producteurs supportent eux-mêmes une part importante de ces surcoûts.

Sur le plan agricole, le président de la Fédération relève que le début de la campagne a été marqué par des conditions climatiques peu favorables, particulièrement dans la région de Souss Massa, considérée comme l’un des principaux bassins de production agricole du Royaume.

Les vagues de chaleur enregistrées au mois de septembre ont perturbé les calendriers culturaux de plusieurs producteurs, provoquant un retard de production, la chute des fleurs et des perturbations dans la nouaison des fruits. Cette situation a notamment entraîné la perte des premières grappes de production. À cela se sont ajoutées les maladies fongiques et virales, ainsi que plusieurs ravageurs, notamment l’aleurode, la Tuta absoluta et l’acarien bronzé, accentuant les difficultés rencontrées par les agriculteurs durant cette première phase de la campagne.

Malgré ce démarrage difficile, Zakaria Hanich se montre prudemment optimiste quant à l’évolution de la situation. Il affirme que les cultures présentent actuellement un état satisfaisant et que leur développement se déroule dans des conditions plus normales, à la faveur de l’amélioration des conditions climatiques. Cette évolution devrait contribuer à une meilleure productivité et à une reprise progressive de la production au cours des prochaines semaines, permettant ainsi d’améliorer l’approvisionnement du marché national et d’assurer une disponibilité plus régulière de la tomate, notamment à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement caractérisée par une hausse de la demande.

Dans ce contexte, il rappelle que la campagne de production de la tomate ronde cultivée sous serres, communément appelée tomate primeur, s’étend d’octobre à mai.

Le calendrier agricole étant encore à ses débuts, il estime qu’il serait prématuré de tirer des conclusions définitives sur l’évolution de l’offre au cours des prochains mois.

Concernant les exportations, le président de la Fédération révèle que les expéditions de tomates rondes n’ont pas enregistré de progression durant la campagne actuelle.

Elles ont au contraire connu un recul d’environ 21 %. Toutefois, cette baisse ne signifie pas nécessairement une diminution des prix sur le marché national, dans la mesure où les volumes disponibles restent principalement tributaires de la baisse de production enregistrée en début de saison, et non uniquement du niveau des exportations.

En conclusion, Zakaria Hanich insiste sur la nécessité de préserver l’équilibre entre l’approvisionnement du marché national, la continuité de la production et la rentabilité des exploitations agricoles. Il souligne que cet équilibre doit permettre de concilier les intérêts des agriculteurs avec le pouvoir d’achat des consommateurs.

Il attire également l’attention sur le poids croissant des coûts et des risques supportés par les producteurs, qui rendent difficile la réalisation d’une rentabilité suffisante en s’appuyant exclusivement sur le marché intérieur.

La pérennité des investissements agricoles demeure ainsi tributaire de conditions économiques permettant de garantir un équilibre durable, d’autant que la culture de la tomate constitue une activité saisonnière nécessitant une planification rigoureuse et des investissements continus.

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